ITW Guillaume Vizade (EDF U20) : « On veut être une nation forte et dominante du basket européen »

- 18 juin 2024

La saison vient de se terminer avec Vichy, Guillaume Vizade va pouvoir profiter de l’été avec l’équipe de France U20 pour se préparer au mieux à sa prochaine aventure avec Le Mans la saison prochaine. Champion d’Europe il y a un an, le conquérant du basket français est actuellement en stage à Vichy depuis quelques jours afin d’évaluer au mieux les joueurs qui partiront avec lui en Pologne au mois de juillet.

Deuxième campagne en tant que sélectionneur U20, l’objectif premier est de remporter une nouvelle médaille d’or ?
Il y a plusieurs étapes avant cela. La première est de constituer la liste, puis une équipe et un groupe. Il faut ensuite transformer tout cela petit à petit avec l’ambition de rendre l’équipe compétitive.
Même si nous sommes très ambitieux, et que notre rêve est de décrocher une nouvelle médaille, il faut réussir à construire une cohésion d’équipe. Il faut bien mettre en place nos fondamentaux. Il faut arriver avec beaucoup d’humilité car il y a beaucoup d’autres nations qui sont structurées et fortes au niveau européen.
Petit à petit, on montera le niveau d’exigence afin de performer et de continuer à progresser tout au long de l’été.

Killian Malwaya et Ilian Pietrus ne sont pas avec vous à Vichy pour le stage. Comment testez-vous vos joueurs ?
Il y a un gros bilan médical au début du stage. La saison fut longue et tous les joueurs ont vécu des moments différents au cours de l’année. C’est pour cette raison que Killian et Illan ne sont pas avec nous car ils avaient besoin d’une période de repos plus importante.
Les 10 premiers jours servent à mettre l’ADN de l’Équipe de France sur le terrain, c’est-à-dire, une pression forte sur la balle, de la communication sur l’aspect défensif, la capacité à tenir les duels, un rebond-relance pour nous offrir un jeu de contre-attaque. Sur le plan offensif, on commence à mettre en place des principes, des alignements, on a une idée de quel type de tir on veut construire et dans quelles conditions.

« Ce que l’on veut entraîner, c’est du basket de haut niveau. »

Quand est-ce que vous aurez une idée de la liste finale ?
Sur ce point aussi, cela fonctionne par étape. Actuellement, nous avons 17 joueurs.
On va jouer nos deux premiers matchs face à la Croatie cette semaine. La prochaine, nous réduirons le groupe à 14, et nous partirons en Espagne pour un tournoi. À la sortie de ce tournoi, on va à nouveau convoquer 14 joueurs pour un pré-stage, dans lequel nous aurons 5 jours de travail avant de partir en Pologne.
Au moment du départ, nous annonçons la sélection définitive avec 12 joueurs.
Il y a la forme actuelle des joueurs, leur complémentarité, les affinités qu’ils ont sur le terrain… Il y a beaucoup de choses à évaluer. On prend aussi en compte nos évaluations par rapport à nos demandes, et à la concurrence du basket européen.
On sera en compétition face à de grandes équipes d’Europe, donc il y a des critères avec lesquels nous devons être en phase au cours de cette compétition.

Vous êtes un coach reconnu pour avoir donné des opportunités à beaucoup de jeunes. Votre approche est la même dans votre rôle de sélectionneur et de coach en club ?
L’approche au niveau des intentions de jeu est plus prononcée avec l’Équipe de France car lorsque l’on met le maillot de l’Équipe de France, il y a de l’énergie qui va avec, et une identité de jeu.
On veut être une nation forte et dominante du basket européen. Il y a une cohérence avec les valeurs que je peux avoir au quotidien et que je peux imposer à mon équipe, que l’on retrouve avec le groupe U20. Ce qui est différent, c’est la temporalité.
En sélection, on se prépare pendant un mois pour un championnat qui dure une dizaine de jours. Lorsque l’on entre dans une phase de saison, on est avec les joueurs pendant 10-11 mois.
Le plan de développement individuel et collectif ne peut pas être le même. On fait en condensé ce que l’on ait au quotidien en entraînement.
Je me retrouve dans les deux environnements. Ce que l’on veut entraîner, c’est du basket de haut niveau, et j’essaye d’imposer certains principes qui entrent en cohérence avec le travail que l’on veut faire avec tous les staffs des équipes de France.

Les générations 2004 et 2005 sont représentées dans ce roster. Dans l’absolu, on peut penser à des joueurs comme Risacher, Ajinca, Salaun, ou même Cissoko, Rupert auraient pu être appelés. Pourquoi ne pas avoir récupéré certains d’entre eux ?
Il y a une réalité dans la performance, les joueurs qui sont déjà ultra performants peuvent être en phase d’être appelés avec l’Équipe de France A ou vers la NBA.
Dans un process où ils se dirigent vers la NBA, ils sortent de nos radars. Un joueur comme Zaccharie, Tidjane, Pacome ou Melvin qui vont sûrement être draftés cette année, arrivent à un stade où ils sont sélectionnables avec les A. Le moment de la Draft NBA est en parallèle de notre préparation avec les U20.
Lorsqu’ils sont draftés, la dynamique des contrats est très différente. Pour nous, ce n’est pas forcément envisageable de les convoquer.

Il y a un joueur avec qui vous vos routes ne sont pas prêtes d’être séparées : Vichy, stage EDF U20, Le Mans… c’est Noah Penda. À quel point, sa présence compte pour vous dans cette campagne internationale ?
C’est un grand fidèle des équipes de France. Il n’a pas loupé une campagne depuis qu’il est à l’INSEP. Il sort d’une saison réussie en Pro B, il a eu quelques intérêts par rapport à la Draft, mais il a préféré retirer son nom pour confirmer en Betclic Elite l’an prochain.
Il a beaucoup d’ambitions par rapport au championnat d’Europe, et fera partie des leaders de sa génération. Il progresse chaque année et sait se rendre indispensable sur le terrain en ayant de l’impact dans beaucoup de secteurs du jeu, et en étant très collectif.

La saison prochaine, vous serez entraîneur du MSB. Vous allez découvrir la Betclic Elite. Quelles sont vos attentes, qu’espérez-vous pour la saison prochaine ?
Beaucoup d’enthousiasme pour la saison prochaine. Il faut travailler sur plusieurs dossiers en parallèle, c’est une belle expérience qui commence avec Le Mans.
Il y a beaucoup d travail, et assez vite réussir à mettre en place des choses pour être performant dans cette division très redoutable, avec une forte concurrence. Surtout, lorsque l’on voit que le nombre d’équipes est réduit à 16.

Sur la campagne précédente, Ilias Kamardine et Lucas Dufeal étaient avec vous en sélection et ont joué pour vous cette saison à Vichy. Ce rassemblement vous permet aussi d’étudier le profil de certains joueurs que vous aimeriez attirer au Mans ?
Pas vraiment, car les projets des joueurs dans leurs équipes sont bien définis.
Il y a des joueurs qui ont déjà un petit rôle en Betclic Elite ou auront un rôle plus important l’an prochain. Je pense notamment à Mohamed Diawara, qui a signé avec Cholet, Zacharie Perrin avec Nancy, Lucas Fischer qui est déjà avec Nanterre…
Il y a quelques joueurs qui sont déjà dans les rosters et qui jouent déjà pleinement. Nous sommes surtout présents pour les accompagner en équipe de France, leur faire passer un cap, les évaluer dans un autre rôle car ils sont des jeunes joueurs. Ils n’ont pas tous des rôles prépondérants, lorsqu’ils basculent en sélection, on leur demande de jouer différemment. C’est intéressant de voir s’ils peuvent apporter différemment sur une compétition internationale.

On se concentre sur la mission collective en sélection. On les accompagne sur le développement individuel pendant la campagne car c’est pendant l’été qu’ils progressent le plus. C’est une expérience à double titre.
L’an dernier, les avancées avec Ilias et Lucas avaient été bouclées avant la campagne? Ce sont deux choses différentes? Ce n’est pas une règle automatique loin de là.

Crédit photo : FIBA / JAV Vichy

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