ITW Sébastien Cape (Vichy) : « Le but c’est d’aller en Betclic Elite »

- 22 février 2024

MVP de la Leaders Cup Pro B, Sebastien Cape a offert un récital à tous les spectateurs du basket français lors de la finale.
Un joueur ayant longtemps évolué en Nationale 1, devenu meneur principal de l’un des cadors de la seconde division. Un parcours inspirant, une ascension folle, et l’un des auteurs d’une belle page écrite dans l’histoire de Vichy.

Après 8 saisons en N1, tu reviens en Pro B et tu remportes ce trophée de MVP de la Leaders Cup. Serait-ce le plus grand accomplissement de ta carrière ?
Non, je ne pense pas. C’était un bel événement, c’est super pour le club. En ce qui concerne ma carrière, j’ai quand même vécu de bons moments.
Ce n’est pas forcément le plus marquant, mais ce sera gravé pour les jours à venir. C’est un événement qui a été mis sur le devant de la scène.

Premier titre du club depuis 17 ans, as-tu la sensation d’être entré dans l’histoire du club ?
Un peu oui. On a bien senti avec l’engouement du public et des dirigeants que c’est quelque chose qui leur tenait à coeur. Même si en réalité, nous n’avions jamais vraiment communiqué sur ce sujet auparavant.
C’est une chance que l’on a eue de pouvoir écrire une page comme celle-ci dans l’histoire du club, et je pense que nous l’avons fait d’une belle manière.

 » Tous les ans ou tous les deux ans, il faut aller chercher des contrats. « 

Sur les dernières minutes avant prolongation et pendant l’overtime, tu deviens plus un scoreur qu’un passeur. Peux-tu nous raconter tout ce qu’il s’est passé pendant les temps morts et tout le cheminement pour que tu deviennes un autre joueur pour quelques minutes ?
Il ne s’est rien passé de spécial en réalité. C’était juste un ressenti. Au fil du match, j’ai été plus un passeur comme j’ai l’habitude de l’être. Sur la fin, j’ai senti que l’on était un peu mené et que ça commençait à devenir plus compliqué de marquer des paniers. Les défenses étaient plus ardues.
J’ai senti qu’il fallait que je me mette plus à scorer. C’est vrai qu’Ilias (Kamardine) est le leader de notre équipe au niveau du scoring. J’ai senti que c’était l’occasion pour moi de le faire.
Les lancers-francs et le panier que je marque pour aller en prolongation me donnent de la confiance.
Par la suite, cela nous a plutôt bien réussis.

Cette saison est une campagne dans laquelle tu voulais faire tes preuves ou faire parler de toi ?
Lorsque l’on arrive dans un nouveau club, on veut toujours faire ses preuves et se faire une place dans l’effectif. Je savais que j’arrivais dans une nouvelle division, dans laquelle on ne m’attendait pas forcément.
Pour moi, je n’avais rien à prouver à qui que ce soit, je méritais d’être ici. C’est l’éternel recommencement dans la carrière d’un basketteur : prouver, montrer que l’on a toujours le niveau, que l’on a le niveau pour aller au-dessus. Tous les ans ou tous les deux ans, il faut aller chercher des contrats, c’est ainsi que tout cela fonctionne.
J’arrivais dans cette optique, mais collectivement je ne m’attendais pas forcément à ce que l’on fasse une saison aussi aboutie. Cela me permet d’être sur le devant de la scène, c’est tant mieux pour moi.

Après avoir passé un cap en devenant un joueur majeur de Pro B, le prochain cap est d’être un joueur majeur dans une équipe de Pro A ?
Oui, je ne me suis jamais fixé de limites. Tant que j’aurais la capacité d’aller à un niveau supérieur, ce sera toujours un objectif. Aujourd’hui, je suis en Pro B, et le but est d’aller en Betclic Elite.
Chaque chose en son temps, j’ai deux ans de contrat avec Vichy. L’objectif principal est de finir la saison comme il se doit. S’il y a une montée avec Vichy, ce sera une belle histoire.

Quand tu repenses au passé, le fait d’avoir été dans l’ombre en évoluant en N1, est-ce une revanche que tu prends sur la vie pour toi ?
Une revanche sur la vie, peut-être pas. J’ai toujours été dans de bonnes conditions. Je n’ai jamais galéré à trouver un club. Depuis que je suis en minimes ou cadets, je n’étais jamais le prospect sur lequel tout le monde pariait.
J’ai donc du passer par la Nationale 1, 2 et 3, cela m’a forgé. Il y a eu plusieurs étés où j’étais un peu frustré de ne pas réussir à avoir de contrat en Pro B. Mais c’était peut-être pour que la bonne opportunité, celle de Vichy, se présente au bon moment.
Je suis arrivé dans de bonnes conditions avec un rôle majeur, et c’est ce que j’attendais. Je suis très content d’avoir « galéré » jusqu’à ici et d’avoir montré à tout le monde que même si je suis passé par tous ces niveaux, c’est ici qu’est ma place aujourd’hui.

C’est aussi un parcours inspirant qui peut servir d’exemple aux jeunes. On peut passer par la N1 ou la N2 et devenir un joueur majeur en Pro B ou en Betclic Elite.
Bien sûr. Chacun son histoire, il n’y a pas d’histoire toute tracée.
Bien sûr que si en sortant du championnat Espoirs, on trouve une opportunité en Pro B ou en Betclic avec des responsabilités, il faut y aller. Mais, il faut savoir qu’il y a très peu d’élus, il y a peu de places pour les JFL dans le championnat, que ce soit en première division ou en seconde.
Il ne faut pas avoir peur d’aller dans ces championnats, il faut toujours bosser, continuer à y croire, si les étoiles s’alignent on finit par y arriver.

Crédit photo : Alain Cheneviere

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